Demander une subvention pour son association

FINANCEMENTS

Subventions publiques : un levier essentiel pour les projets associatifs

Les subventions publiques constituent un outil de financement important pour les associations, en particulier lorsqu’elles conduisent des actions d’intérêt général et ce, dans de nombreux domaines tels que la culture, le sport, l’éducation, la solidarité ou l’environnement. Que ce soit pour soutenir une nouvelle activité, un évènement ou simplement faire vivre un projet local, les aides publiques offrent un appui structurant – à condition de bien comprendre les règles du jeu.

Mais qu’entend-on exactement par « subvention » au sens légal ? Quelles sont les conditions à remplir et les étapes à suivre pour en faire la demande ? Et vers quels financeurs se tourner ? Cet article propose un panorama général du régime des subventions associatives, avec un éclairage particulier sur les dispositifs mobilisables par les associations d’Eure-et-Loir.

Qu’est-ce qu’une subvention ?

  • Définition légale de la subvention

L’article 9-1 de la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations, créé par l’article 59 de la loi n°2014-856 du 31 juillet 2014 relative à l’économie sociale et solidaire, introduit la définition législative ci-après de la subvention :

« Constituent des subventions, au sens de la présente loi, les contributions facultatives de toute nature, valorisées dans l’acte d’attribution, décidées par les autorités administratives et les organismes chargés de la gestion d’un service public industriel et commercial, justifiées par un intérêt général et destinées à la réalisation d’une action ou d’un projet d’investissement, à la contribution au développement d’activités ou au financement global de l’activité de l’organisme de droit privé bénéficiaire. Ces actions, projets ou activités sont initiés, définis et mis en œuvre par les organismes de droit privé bénéficiaires ».

Au regard de cette définition, la subvention :

  • est une contribution non obligatoire attribuée par une personne publique (Etat, collectivité territoriale) suite à une décision de son organe délibérant. La subvention est discrétionnaire, la personne publique n’est pas tenue de l’accorder. La subvention peut être attribuée en espèces ou en nature (mise à disposition de locaux, d’équipements, de personnels ou de compétences). Elle peut être affectée à une action spécifique, au fonctionnement global de la structure ou à de l’investissement (achat de matériel, rénovation de locaux…) ;
  • a pour objet de soutenir un projet d’intérêt général initié et mis en œuvre par un organisme de droit privé (ex : association). Le projet soutenu doit répondre à l’intérêt public et s’inscrire dans le champ de compétences légal d’une collectivité territoriale (Loi portant sur la Nouvelle Organisation Territoriale de la République de 2015 – NOTRe) ou répondre à un objectif général de politique publique de l’Etat (Loi Organique relative aux Lois de Finances de 2001 – LOLF ).

N.B. En 2017, les ressources publiques représentent 44% du budget cumulé de toutes les associations (24% pour les commandes publiques et 20% pour les subventions). La majorité des ressources (56%) est ainsi constituée de ressources propres et privées. Sur la totalité des financements publics reçus, 37,44% bénéficie au secteur de la culture, 32,33% à la défense des droits et des causes, 21,12% aux loisirs et 17,47% aux sports.

  • Comment la subvention est-elle encadrée et contrôlée ?

La relation partenariale entre les associations et les financeurs publics est encadrée depuis 2014 par la charte des engagements réciproques signée en entre l’Etat, les collectivités territoriales et le Mouvement Associatif. Cette charte reconnaît en particulier aux associations la capacité à contribuer à l’intérêt général et à créer du lien social et marque la volonté des parties de s’inscrire dans une démarche partenariale fondée sur la confiance réciproque et le respect de valeurs communes.

Selon le montant de la subvention versée, la loi prévoit certaines obligations. En effet, l’attribution d’une subvention publique annuelle d’un montant supérieur à 23 000 € donne lieu obligatoirement à l’établissement d’une convention (Article 1 – Décret du 6 juin 2001). Elle précise l’objet, le montant, les conditions de versement et d’utilisation de la subvention, ainsi que ses modalités de contrôle. Par ailleurs, si l’association perçoit plus de 153 000 € de fonds publics, elle est alors tenue légalement d’établir des comptes annuels et de nommer pour 6 ans un commissaire aux comptes. Elle a par ailleurs l’obligation de publier ses comptes annuels, ainsi que le rapport du commissaire aux comptes au Journal Officiel (JOAFE).

N.B. L’Etat a l’obligation de contrôler l’utilisation des subventions qu’il accorde. Ce contrôle a pour objectif de vérifier que la subvention a bien été utilisée pour le projet prévu, que les fonds ont été correctement gérés et que les engagements pris par l’association ont été respectés. L’association doit ainsi fournir ses budgets et ses documents de gestion annuels afin rendre compte de l’utilisation de la subvention (Art. 14 – Décret-loi du 2 mai 1938). A défaut, la subvention peut être annulée. A noter que les associations ne peuvent pas reverser tout ou partie des subventions qu’elles ont perçues de la part de l’État (subventions en cascade), sauf autorisation formelle de l’autorité administrative concernée (Art.15 – Décret-loi du 2 mai 1938).

  • Quelles conditions pour être éligible à la subvention ?

Pour pouvoir être éligible à la subvention, l’association doit :

  • être dotée de la personnalité juridique (déclaration en préfecture et publication au Journal Officiel – attribution d’un n° RNA) ;
  • être immatriculée au répertoire Sirène de l’INSEE (attribution d’un n° SIRET) ;
  • ne pas avoir fait l’objet, à titre de sanction pénale, d’une interdiction de percevoir des aides publiques ;
  • souscrire, depuis le 1er janvier 2022, au Contrat d’Engagement Républicain (loi n°2021-1109 du 24 août 2021 confortant le respect des principes républicains). Ce document (voir guide pratique en bas de page) doit désormais être obligatoirement souscrit par l’association à l’appui de toute demande de subvention (et d’agrément) auprès d’une autorité administrative. Par cet acte, elle s’engage à respecter les principes de liberté, d’égalité, de fraternité et de dignité de la personne humaine, à respecter les symboles de la République, à ne pas remettre en cause le caractère laïque de la République et à s’abstenir de toute action portant atteinte à l’ordre public.
Subventions - Les conditions d'éligibilité

N.B. Au regard du principe dit de « spécialité » (Article 1145 du Code civil), une association ne peut solliciter et utiliser une subvention que pour réaliser son objet statutaire. Par ailleurs, afin de garantir le principe de neutralité, ne peuvent en aucun cas être subventionnés les intérêts privés, les activités cultuelles, politiques et syndicales militantes.

Accord de subvention
  • Subvention ou commande publique ?

Le fait pour la personne publique de prendre l’initiative de passer contrat avec un organisme de droit privé (ex : association) pour l’achat d’un bien ou d’un service afin de répondre à ses besoins, conformément à un cahier des charges préalablement établi, ne relève pas de la subvention mais de la commande publique. Il s’agit d’une relation contractuelle qui se décline sous deux formes : le marché public (réalisation par l’association d’une prestation pour répondre à un besoin de la personne publique) et la délégation de service public (gestion complète d’un service public confiée à une association pour le compte de l’autorité publique). La commande publique est strictement encadrée et doit répondre à certaines obligations (notamment de publicité et de mise en concurrence). Contrairement à la commande publique, la subvention repose sur l‘initiative exclusive de l’association et ne donne lieu à aucune contrepartie directe pour la personne publique.

Attention - Information importante

ETAT DES LIEUX – Les financements publics dédiés au secteur associatif sont en constante diminution depuis une vingtaine d’années (baisse de 41% entre 2005 et 2020). La réforme du projet de loi de finances 2025 (voir document d’analyse en bas de page) confirme cette tendance avec un resserrement de plusieurs budgets sectoriels de l’Etat impactant de façon significative le financement du monde associatif. Parallèlement, les collectivités territoriales (qui représentent 75% du financement public à destination des associations) voient également leur dotation se réduire considérablement (à hauteur de 6,5 milliards d’euros). Les crises budgétaires successives, les épisodes d’inflation et les incertitudes politiques fragilisent aujourd’hui les associations et leur modèle économique. Ce qui contraint ces dernières à s’orienter vers d’autres modes de financement (autofinancement, mécénat).

Qui peut subventionner les associations ?

  • Les collectivités territoriales

Les collectivités territoriales sont des personnes morales de droit public distinctes de l’Etat qui disposent d’une autonomie juridique et qui possèdent des compétences propres définies par la loi (cf. Loi NOTRe de 2015). Elles peuvent à ce titre, dans la limite de leurs attributions et priorités respectives, apporter aux associations un soutien financier, matériel et/ou humain.

Subvention - Quels interlocuteurs ?

En fonction de la nature de leur projet et du territoire sur lequel il est mis en œuvre, les associations pourront ainsi être amenées à solliciter :

  • La commune : elle exerce plusieurs compétences, parmi lesquelles l’urbanisme, le logement, l’action sociale, l’environnement, la gestion des écoles maternelles et élémentaires. La commune est la seule collectivité qui bénéficie encore à ce jour de la ‘clause générale de compétence‘ qui lui permet de régler par délibération toutes les affaires d’intérêt public local la concernant, y compris celles visant à soutenir les initiatives locales portées par les associations. A noter que la Loi NOTRe a supprimé cette clause pour les départements et les régions. Selon les communes, les demandes de subvention doivent en général être déposées entre fin août et décembre pour l’année civile suivante en utilisant soit un dossier spécifique, soit le formulaire unique de demande de subvention (disponible ci-après en téléchargement).
  • Le département : il exerce en priorité des compétences spécialisées prévues par la loi, plus particulièrement en matière de promotion des solidarités et de la cohésion territoriale. Parmi lesquelles : l’action sociale, l’aménagement du territoire et la gestion des collèges. A ce titre, le Conseil départemental d’Eure-et-Loir soutient en priorité les associations euréliennes partenaires de la politique départementale notamment dans les domaines des solidarités territoriales et humaines, de la culture, ou du sport (comités départementaux, sections sportives d’intérêt départemental et soutien au sport d’élite départemental et à l’accès au haut niveau). Les demandes de subvention doivent être déposées sur la plateforme Extranet du Département entre mi-aout et mi-septembre pour l’année civile suivante.
  • La région : elle dispose de la compétence pour promouvoir le développement économique, l’aménagement du territoire, les transports non urbains, la gestion des lycées, la formation professionnelle et la gestion des fonds européens. Le Conseil régional du Centre ‑ Val de Loire propose plusieurs dispositifs spécifiques pour soutenir les associations. Ces aides couvrent notamment le développement d’activités, la création ou la consolidation d’emplois, les projets de citoyenneté et de solidarité internationale, le soutien aux clubs sportifs régionaux évoluant à un niveau national (élite), la valorisation du patrimoine, la culture et l’audiovisuel. Toutes les demandes doivent être effectuées via le portail régional « Nos Aides en Ligne » ou, lorsque cela est nécessaire, par mail/courrier selon les modalités indiquées pour chaque dispositif.

N.B. Les trois niveaux de collectivités se partagent des compétences dans les domaines ayant un caractère transversal : notamment en matière de promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes, de culture, de sport, de tourisme, ou encore de promotion des langues régionales et éducation populaire (Article L111.4 – Code général des collectivités territoriales).

  • L’Etat

L’Etat peut également apporter un soutien aux associations dans différents secteurs d’activité. Chaque ministère, via ses organes déconcentrés et ses opérateurs et agences placés sous sa tutelle peut financer des associations en lien avec ses priorités. Au travers notamment d’appels à projets thématiques, la mobilisation de fonds et de programmes nationaux. A noter toutefois que l’accès à certains financements de l’Etat peut être conditionné à la détention d’un agrément. Agrément par lequel l’Etat reconnait l’engagement de l’association dans un domaine particulier et l’autorise par ailleurs à exercer certaines activités règlementées.

Parmi les principaux services de l’Etat à l’échelle régionale, on peut citer par exemple :

  • La DRAJES : la Délégation Régionale Académique à la Jeunesse, à l’Engagement et aux Sports soutient les actions sportives, éducatives, périscolaires, de jeunesse et d’éducation populaire, de soutien à la vie associative et d’engagement citoyen ;
  • La DREETS : la Direction Régionale de l’Economie, de l’Emploi, du Travail et des Solidarités soutient les projets en lien avec la cohésion sociale, l’insertion professionnelle, la mutualisation de l’emploi, l’insertion par l’activité économique ;
  • La DRAC : la Direction Régionale des Affaires Culturelles apporte son soutien aux projets en lien avec la culture, la création artistique, l’architecture et le patrimoine ;
  • La DREAL : la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement est chargée de mettre en œuvre les politiques de l’État en matière d’environnement, de développement, d’aménagements durables et de logement. En matière de transition écologique et énergétique, la DREAL collabore avec l’ADEME (Agence de la transition écologique), établissement public placé sous la tutelle du ministère.
  • L’Europe

Les associations peuvent par ailleurs accéder à différents financements européens, à condition que leurs projets répondent aux priorités de l’Union européenne et respectent les critères des appels à projets publiés. Parmi les principaux dispositifs figurent :

Les aides de l’Europe sont le plus souvent accessibles via des appels à projets publiés par les Régions, l’État ou directement par la Commission européenne. Leur obtention suppose une bonne connaissance du cadre européen, ainsi qu’un travail rigoureux de montage et de justification des actions envisagées.

  • Les organismes de sécurité sociale

En dehors de l’Etat, des collectivités territoriales et de l’Union européenne, les associations peuvent également solliciter d’autres acteurs publics, et en particulier les organismes de sécurité sociale. Ces derniers proposent des financements via des appels à projets orientés principalement vers la prévention, la cohésion sociale et la santé publique. Parmi ces organismes, on peut citer :

  • La CAF : la Caisse d’Allocations Familiales apporte son soutien au tissu associatif dans les domaines de la parentalité (lieux d’accueil parents/enfants, crèches), de l’enfance et de la jeunesse (accueils collectifs de mineurs, animations et actions à destination des jeunes), de l’animation de la vie sociale (centres sociaux, associations familiales), ainsi que de l’inclusion et de la lutte contre les discriminations ;
  • La CPAM : la Caisse Primaire d’Assurance Maladie soutient les associations qui développent des initiatives en lien avec la prévention et l’éducation à la santé (tabac, sport-santé, dépistage), l’accompagnement des malades chroniques (diabète, cancer, …), ainsi que les actions locales de solidarité et de santé.

Informations complémentaires

FOCUS – Afin d’accompagner les territoires à trouver des aides financières pour leurs projets, la Direction générale de l’aménagement, du logement et de la nature (DGALN) et l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT) ont lancé en 2018 la plateforme publique Aides-territoires. Cet outil facilite la recherche en ligne d’aides et appels à projets à destination des collectivités territoriales et de leurs partenaires locaux (associations, établissements publics, entreprises, agriculteurs) en rendant visibles et accessibles tous les dispositifs financiers et d’ingénierie auxquels ils peuvent prétendre. N.B. D’autres plateformes similaires peuvent également être utilisées pour identifier des sources de financements publics. C’est le cas du portail ESSOR dédié à l’économique sociale et solidaire en Région Centre – Val de Loire.

Comment demander une subvention pour son association ?

  • Bien préparer sa demande de subvention

Constituer un dossier de demande de subvention ne s’improvise pas. Avant toute démarche, il est essentiel de prendre un temps de réflexion pour clarifier le projet porté par l’association, l’ancrer dans son contexte territorial et s’assurer qu’il répond bien aux attentes des financeurs publics. Une demande bien préparée est non seulement plus cohérente, mais elle renforce aussi les chances d’obtenir un financement.

  • Identifier les opportunités de financement

Avant de se lancer dans la constitution d’un dossier de demande de subvention, il est important de s’informer en amont sur les dispositifs existants. Pour cela, il est recommandé de consulter régulièrement les appels à projets lancés par les financeurs publics (Etat, collectivités territoriales, établissements publics…). Les informations clés, critères d’éligibilité, seuils et taux de financements, modalités de dépôt, calendrier et pièces à fournir sont généralement accessibles sur les sites internet des institutions concernées (voir ci-dessus le ‘panorama des subventions’).

N.B. En complément, il est également recommandé de prendre contact avec les services instructeurs ou les élus référents afin de vérifier la recevabilité de la demande et de poser toutes les questions utiles avant d’engager la constitution du dossier.

  • Analyser son projet avant de déposer une demande

Une fois les dispositifs identifiés, il est utile de se poser collectivement quelques questions fondamentales pour structurer sa demande :

  • Quel est l’objectif principal du projet ? Sert-il l’intérêt général ? Revêt il un caractère innovant et d’utilité sociale ? Apporte t-il des réponses à des besoins nouveaux ou insuffisamment satisfaits ?
  • Quelle est la valeur ajoutée du projet pour le territoire ? Quels sont les impacts attendus ? Sont-ils cohérents avec les enjeux du territoire ? En quoi, par exemple, le projet contribue t-il à l’animation locale, à l’attractivité du territoire, à l’économie locale ou à la vitalité démocratique ?
  • A qui s’adresse le projet ? Cible t-il un public spécifique : enfants, jeunes, familles, personnes âgées, personnes en situation de handicap, habitants d’un quartier… ?
  • Le projet est-il en phase avec les priorités du financeur public ? En quoi répond t-il clairement aux priorités d’action fixées par les financeurs ? Entre t-il dans le champ de compétences des collectivités ou des politiques publiques de l’Etat (cohésion sociale, culture, sport, environnement, jeunesse, handicap…) ?
  • L’association dispose t-elle des moyens nécessaires pour atteindre ses objectifs ? Est-elle en capacité de mener à bien son projet en termes de ressources humaines et de compétences ?
  • Quel est le besoin de financement ? Le montant de subvention demandé est-il justifié au regard des prévisions budgétaires du projet ? Les charges à engager et les produits à mobiliser ont-ils été précisément évalués ? D’autres sources de financement sont-elles envisagées ? L’association s’appuie t-elle sur une comptabilité structurée pour justifier ses orientations budgétaires ?
Questions autour de la subvention
  • Constituer le dossier de demande de subvention

Selon les interlocuteurs (Etat, Région, Département, communes) ou les appels à projets, les associations peuvent être amenées à déposer leur demande de subvention sous forme dématérialisée (plateformes en ligne) ou en version papier. Quelle que soit la procédure exigée, on observe que de nombreux financeurs publics s’appuient sur une structure largement inspirée du formulaire unique de demande de subvention (Cerfa 12156*06). Ce document, établi par le décret du 28 décembre 2016 avait initialement vocation à devenir le modèle unique de demande pour toutes les associations sollicitant un financement public. Dans les faits, de nombreuses collectivités ont préféré adapter ce modèle en le personnalisant, tout en conservant la logique de présentation, le découpage par rubriques et les éléments fondamentaux qu’il contient. Il est à noter que l’Etat a depuis également repris l’essentiel des éléments constitutifs de ce formulaire unique pour en proposer une déclinaison numérique sur la plateforme Le Compte Asso.

Constituer son dossier de subvention
  • Utiliser le formulaire unique comme trame de référence

Malgré cette diversité de formats, le formulaire Cerfa est toujours utilisé et reste une référence méthodologique précieuse pour préparer efficacement sa demande. Il peut servir de support de travail, y compris lorsque la collectivité impose son propre modèle. Il permet de structurer la réflexion, de présenter le projet avec clarté, et de préparer l’ensemble des éléments attendus par les financeurs.

Visuel - Formulaire unique de demande de subvention

La trame du formulaire Cerfa repose sur une présentation progressive et cohérente du projet. Elle se décompose en plusieurs étapes :

  • Etape 1 – Nature de la demande : cette première étape consiste à préciser les caractéristiques de la subvention sollicitée : s’agit-il d’une aide financière ou en nature (ex : demande d’équipement) ? Est-ce une première demande ou un renouvellement ? La subvention concerne-t-elle le fonctionnement global de l’association ou une action spécifique ? Quelle est la période visée par la subvention (annuelle, ponctuelle ou pluriannuelle) ? D’autres financeurs sont-ils éventuellement sollicités ;
  • Etape 2 – Identification de l’association : cette rubrique permet de vérifier l’existence légale et la régularité administrative de l’association. Elle implique de fournir les informations essentielles : nom, adresse du siège, numéro RNA, numéro SIRET, coordonnées du représentant légal, etc. ;
  • Etape 3 – Relations avec l’administration et d’autres associations : L’association doit indiquer si elle bénéficie d’agréments administratifs, si elle est affiliée à un réseau ou une fédération, ou encore si elle est assujettie à certains impôts. Ces éléments permettent au financeur d’évaluer l’environnement institutionnel et partenarial de la structure ;
  • Etape 4 – Moyens humains : cette section permet de décrire les ressources humaines de l’association (nombre de salariés, de bénévoles, d’adhérents, de volontaires, de personnels mis à disposition). Ces données permettent d’apprécier la capacité de l’association à porter le projet ou à mettre en œuvre ses activités de manière efficace en mobilisant les compétences nécessaires ;
  • Etape 5 – Budget de l’association : le budget prévisionnel de fonctionnement global de l’association est un élément central du dossier. Il permet au financeur d’évaluer la santé financière de l’association, sa capacité de gestion, ainsi que la cohérence entre ses objectifs et les moyens mobilisés. Le budget prévisionnel de fonctionnement doit présenter de manière sincère et réaliste, les charges (achats, services, impôts, frais de personnel, amortissements) et les produits (ventes et prestations de service, subventions d’exploitation, cotisations, dons) envisagés pour l’exercice à venir. Le budget est généralement établi par les dirigeants et validé par l’organe délibérant de l’association. Il doit non seulement s’appuyer sur les budgets des années précédente, notamment celui du dernier exercice clôturé, mais également tenir compte des objectifs et des besoins fixés par l’association pour l’exercice à venir. Le budget doit clairement faire apparaître le besoin de financement qui motive la demande de subvention. Sur la forme, le budget reprend le modèle du compte de résultat et utilise la nomenclature du plan comptable des associations. En pratique, il est généralement présenté à l’équilibre. Toutefois, aucune règlementation n’encadre les modalités d’élaboration du budget prévisionnel. En l’espèce, rien n’interdit donc de faire apparaître un déficit ou un excédent si cela justifié, dès lors que le principe de ‘sincérité’ est respecté. A noter enfin que les contributions volontaires dont bénéficie l’association (bénévolat, mises à disposition de locaux, dons en nature…) peuvent aussi y être valorisées, à condition d’être chiffrées de façon crédible. Cela permet de mieux faire apparaître la richesse non monétaire de l’association.
  • Etape 6 – Projet – Objet de la demande : Cette partie constitue le cœur du dossier. Elle vise à décrire de manière précise et convaincante le projet pour lequel la subvention est sollicitée. L’association doit y présenter le contexte dans lequel s’inscrit le projet (diagnostic local, problématique identifiée, besoins auxquels il répond), les objectifs visés (utilité sociale, retombées attendues sur le territoire, réponse à une demande spécifique), le public visé (bénéficiaires directs ou indirects, nombre estimé, critères d’accès, mesures d’accessibilité) ainsi que les résultats attendus (indicateurs qualitatifs et/ou quantitatifs, méthode d’évaluation) permettant d’en évaluer l’efficacité (taux de participation, évolution de comportements, satisfaction…).
  • Etape 7 – Attestations : Cette dernière étape comporte une déclaration sur l’honneur par laquelle l’association certifie la sincérité des informations fournies, sa régularité administrative (notamment vis-à-vis de ses obligations légales), son adhésion au contrat d’engagement républicain et son respect de la charte des engagements réciproques. L’association doit également indiquer si elle a perçu un montant cumulé de plus de 500 000 € d’aides publiques sur les trois derniers exercices. Cette information est requise au titre de la transparence des financements publics et vise notamment à s’assurer du respect du cadre fixé par le droit européen en matière d’aides d’État versées aux associations exerçant une activité économique (règlement dit « de minimis). Enfin, si l’association a bénéficié d’aides relevant directement d’un texte européen (tel que celui des ‘minimis’), elle devra alors en mentionner les références et les montants dans la rubrique spécifique prévue à cet effet (7 bis).

N.B. Lorsque la subvention demandée porte sur un projet ou une action spécifique, un budget prévisionnel dédié doit être renseigné à l’étape 6 du dossier. Ce budget reprend le format du budget global de fonctionnement mais doit se concentrer uniquement sur les charges et produits spécifiquement engagés sur le projet concerné. Il est possible d’y intégrer, selon une clé de répartition cohérente, certaines charges indirectes ainsi que les ressources propres affectées au projet envisagé. Enfin, si une subvention en nature a été demandée à l’étape 1, le formulaire complémentaire de ‘demande d’équipement‘ devra alors être rempli.

Le dossier demande de subvention doit être accompagné de pièces justificatives. Parmi lesquelles le dernier rapport d’activité et le dernier rapport financier (compte de résultat et bilan) approuvés par l’organe délibérant, ainsi que le relevé d’identité bancaire de l’association.

  • Rendre compte de l’utilisation de la subvention publique

Toute association ayant perçu une subvention publique est tenue de produire un compte rendu financier et qualitatif à l’issue de l’action financée, et ce, quel que soit le montant perçu. Ce document atteste que les fonds ont été utilisés conformément à l’objet de la subvention et que les objectifs annoncés ont bien été poursuivis. Il s’agit d’une exigence de transparence à l’égard du financeur, mais aussi d’un gage de sérieux et de bonne gestion pour l’association. Ce compte rendu doit obligatoirement être établi au moyen du formulaire Cerfa n°15059*02 (disponible en bas de page). À défaut, le financeur peut exiger le remboursement total ou partiel des sommes versées.

Attention - Information importante

A RETENIR – Un projet clair, bien ciblé et cohérent avec les enjeux du territoire est plus enclin à convaincre les financeurs. Prendre le temps de bien le structurer en amont est une étape essentielle avant toute demande. Dans le contexte actuel de baisse généralisée des subventions, les financeurs publics sont particulièrement attentifs et sensibles à la qualité des dossiers déposés. Les associations doivent donc autant que possible leur apporter toutes les garanties permettant d’évaluer la pertinence et l’utilité de leur projet : solidité de l’argumentaire, réponse aux priorités du territoire et à l’intérêt général, rigueur budgétaire, capacité à évaluer les actions… Le dossier de demande de subvention doit donc être constitué avec le plus grand soin et la plus grande rigueur.

BESOIN D’AIDE ? – Si vous rencontrez des difficultés et avez besoin d’un accompagnement pour constituer votre dossier de demande de subvention, n’hésitez pas à prendre contact avec le Centre de ressources VIA28.

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DOCUMENTS UTILES

Guide d’usage de la subvention – 2023/2024
Charte d’engagements réciproques – Février 2014
Le contrat d’engagement républicain (CER) – Guide pratique 2023
Analyse du projet de loi de finances 2025 – Le Mouvement Associatif
Cerfa 12156-06 – Formulaire unique de demande de subvention
Notice 51781 – Dossier de demande de subvention
Cerfa 15059-02 – Compte-rendu financier de subvention

LIENS UTILES

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